Tous frères, l'hèritage spirituel de Pape François
- Martin Bossung
- 6. Juni 2025
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Ils sont passés déjà quelques jours que Pape François, cet grand homme qui nous aimait tellement et qui aimait beaucoup l'Afrique qui lui a couté finalement la vie par une infecction bactériologique, est décédé. Apart de son grand amour, sa joie, son humanité et sa foi dans notre seigneur Jésu Christ que reste-t-il de Pape François? Qui était lui? Qu'est-ce qu'il pensait?
Fratelli tutti est la troisième encyclique du pape François, après Lumen fidei et Laudato si'. Pour plusieurs observateurs, elle apparaît comme l'encyclique incarnant la « maturité » mais aussi le « bilan » de son pontificat.
L'encyclique est analysée comme reprenant « le cœur du message franciscain ». Le pape lui-même la commente en insistant sur la « capacité de fraternité » et l'« esprit de communion humaine » nécessaires à la construction d'« une société plus juste ». Il présente son texte comme une « modeste contribution à la réflexion » pour faire « réagir » ses lecteurs.
L'encyclique est explicitement un texte à charge contre « le dogme néolibéral » considéré comme « une pensée pauvre, répétitive ». Le pape dénonce aussi « la spéculation financière, qui poursuit comme objectif principal le gain facile, continue à faire des ravages » alors que « la fragilité des systèmes mondiaux face aux pandémies a mis en évidence que tout ne se résout pas avec la liberté de marché ». Dans son texte, François accuse l'économie mondialisée de diviser, et donc d'être, étymologiquement, « diabolique » (« διάβολος » signifiant « diviseur »). L'unité chrétienne est donc, dans cette perspective, indissociable de la guérison du monde.
Le premier chapitre, « Les ombres d'un monde fermé », est un constat assez sombre du manque de fraternité dans le monde de 2020.
Le deuxième chapitre, « Un étranger sur le chemin », présente la figure du Bon Samaritain en insistant sur la notion de « prochain ».
Le troisième chapitre, « Penser et gérer un monde ouvert », propose l'exemple d'un amour universel qui permette l'avènement du droit des peuples.
Le quatrième chapitre s'intitule « Un cœur ouvert au monde » et invite à faire dialoguer le local et l'universel, notamment dans le cadre des suites de la Pandémie de Covid-19. Le pape invite ses lecteurs à ne pas tomber dans le piège de l'exclusivité de l'un ou de l'autre. Le local aide à conserver les pieds sur terre, le global aide à ne pas tomber dans une étroitesse d'esprit.
Le cinquième chapitre, « La meilleure politique », renvoie dos à dos les échecs des populismes et du libéralisme, et invite à une autre voie.
Dans le sixième chapitre, « Dialogue et amitié sociale », le pape reprend un thème qu'il affectionne, l'amitié sociale, dans lequel il oppose la rencontre et la bienveillance à la cruauté[.
Le septième chapitre, « Des parcours pour se retrouver », propose des chemins de construction de la paix, prenant notamment position contre la guerre, l'arme nucléaire et la peine de mort.
Le huitième et dernier chapitre, « Les religions au service de la fraternité dans le monde », s'appuie notamment sur le document sur la fraternité humaine, co-signé le 4 février 2019 avec Ahmed el-Tayeb, recteur de la mosquée al-Azhar. François y insiste notamment sur le rôle positif des religions dans l'avènement de la fraternité humaine.
Outre l'appel à la fraternité humaine qui sous-tend l'ensemble du document, sept appels plus concrets sont recensés. Le premier est un appel à la réforme de l'ONU, afin d'éviter que l’autorité « ne soit cooptée par quelques pays » afin d'« éviter que cette organisation soit délégitimée, parce que ses problèmes ou ses insuffisances peuvent être affrontés ou résolus dans la concertation ». Le second est une réaffirmation de l’inadmissibilité de la peine de mort, affirmation qui n'est pas nouvelle ni dans la bouche de François ni sous la plume d'un pape. Le troisième appel concerne plus particulièrement l'Europe et l'invite à accueillir les migrants. Dans son quatrième appel, le pape condamne toute forme d’esclavage, y compris les formes modernes de l'esclavage, notamment visant les femmes, les personnes victimes de trafic d'organes et les travailleurs pauvres. Le cinquième appel est une admonestation visant à la fin de toutes les armes nucléaires. Le sixième est un rappel de la vocation de toutes les religions à la paix, et l'impossibilité pour elles de prôner la violence. Enfin, le septième appel vise à l'unité des chrétiens et rappelle l'urgence de celle-ci.
Le pape a vecu la fraternité et l'amitié sociale qu'il proclame dans son encycle, son patrimoine. Il renonçait à son salaire et n'avait pas de compte bancaire. Quand il est mort il possèdait 358 Euro. Sa voiture était une Renault R4. Il voulait nous apprendre que nous avons besoin d'argent pour vivre mais que nous ne vivons pas pour l'argent. Il y a des choses bien plus importantes, aimer un peu plus, rire un peu plus et pardonner un peu plus. Adieu Pape François, mon frère!
Dr. Martin Bossung, CEO DORCAS INVESTMENT, Kribi



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